10 arnaques et erreurs à éviter en location de photocopieur professionnel
En résumé :
5 points chiffrés à retenir avant de signer
- 0138 % des PME qui nous contactent ont déjà subi la
“prime de participation” fictive : une promesse de 1 000 à 8 000 € qui
disparaît une fois le contrat signé. - 02Un contrat libellé en trimestres peut multiplier
par 3 le loyer apparent : “199 €/trimestre” = 597 €/mois réels. - 03La reconduction tacite non anticipée représente en
moyenne 12 mois de loyer supplémentaire non voulu, soit 2 400 à 7 200 €
selon le matériel. - 04Les frais cachés hors forfait (livraison,
formation, retour matériel, dépassements de copies) ajoutent 600 à 1 800
€ au coût total sur 36 mois. - 05L’écart TCO entre une location mal négociée et une location
bien négociée atteint 4 200 à 8 400 € sur 3 ans pour une PME de
15 postes.
Introduction
La location de photocopieur est l’un des terrains les plus minés de
l’équipement bureautique pour les PME et ETI non averties. Les contrats
mêlent financement, maintenance, consommables et clauses de résiliation
dans un document souvent opaque, présenté à la signature sous pression
commerciale. Nous avons analysé plus de 200 contrats de location sur les
trois dernières années : les mêmes mécanismes reviennent
systématiquement. Ce guide les décrypte un par un, avec les chiffres
réels et les réflexes protecteurs.
Arnaque
n°1 – La “prime de participation” ou “remise de reprise” fictive
Le mécanisme
Un commercial se présente, inspecte votre ancien photocopieur et vous
annonce qu’il peut le “reprendre” pour 1 000 à 3 000 €, parfois jusqu’à
8 000 € dans les cas les plus élaborés. Cette prime est censée compenser
les premières mensualités du nouveau contrat. Elle figure parfois sur le
bon de commande, jamais dans le contrat de location financière signé
avec l’organisme de financement tiers.
Une fois le procès-verbal de livraison signé – document qui déclenche
le financement – , la société de bureautique disparaît ou entre en
liquidation judiciaire. La société de financement, elle, continue de
prélever les mensualités : elle est juridiquement distincte et n’est pas
responsable des promesses commerciales de son partenaire.
Ce que dit la jurisprudence
Ce schéma est qualifiable de dol au sens de
l’article 1137 du Code civil : obtenir le consentement par des manœuvres
ou une dissimulation intentionnelle d’une information déterminante.
Plusieurs cours d’appel ont annulé des contrats de location sur ce
fondement, avec restitution des sommes versées. L’action en nullité se
prescrit par 5 ans à compter de la découverte du dol.
Données terrain
38 % des entreprises qui nous contactent après avoir signé un contrat
problématique ont subi ce schéma. Dans les cas les plus graves
documentés, une machine valant 3 000 € à l’achat a généré 30 000 € de
loyers sur 5 ans – soit un ratio de 1 à 10.
Réflexe protecteur
✅ Exiger que la prime soit inscrite dans le contrat de
location financière, pas seulement sur le bon de commande. Si
le financeur refuse de l’intégrer, la prime n’existe pas.
Arnaque
n°2 – Le contrat libellé en trimestres (pas en mois)
Le mécanisme
Le commercial annonce un loyer de “199 €/trimestre”. L’entreprise
entend 199 €/mois. En réalité, un trimestre = 3 mois, donc le loyer
mensuel réel est de 597 €. La confusion est entretenue
: certains contrats alternent les deux unités dans le même document.
Tableau
comparatif : mensuel vs trimestriel sur 36 mois
| Loyer affiché | Périodicité réelle | Loyer mensuel réel | Coût total 36 mois |
|---|---|---|---|
| 199 € | Mensuelle | 199 € | 7 164 € |
| 199 € | Trimestrielle | 597 € | 21 492 € |
| 299 € | Trimestrielle | 897 € | 32 292 € |
| 385 € | Trimestrielle | 1 155 € | 41 580 € |
L’écart sur 36 mois entre une lecture mensuelle et une lecture
trimestrielle atteint 14 328 € pour un loyer de 199 €.
C’est l’une des erreurs de lecture les plus coûteuses et les plus
simples à éviter.
Réflexe protecteur
✅ Demander systématiquement le coût total sur la durée du
contrat (loyer × nombre de périodes). Ce chiffre doit figurer
dans le contrat. S’il est absent, exiger un avenant avant signature.
Erreur
n°3 – Signer sans lire la clause de reconduction tacite
Le mécanisme
Un contrat de 36 mois prévoit une reconduction automatique de 12 à 24
mois si la résiliation n’est pas envoyée par lettre recommandée
avec accusé de réception (LRAR) entre 3 et 6 mois avant
l’échéance. Cette clause est systématiquement noyée dans les
conditions générales, en corps 8, page 4 sur 5.
Le coût d’une erreur : pour un loyer de 400 €/mois, une reconduction
non anticipée de 12 mois représente 4 800 € de loyers non
voulus. Sur un loyer de 600 €/mois, c’est 7 200 €.
Checklist
résiliation à vérifier avant signature
- Durée exacte du contrat (en mois, pas en trimestres)
- Délai de préavis de résiliation (3, 4 ou 6 mois ?)
- Mode d’envoi obligatoire (LRAR uniquement ?)
- Durée de la reconduction tacite (12 ou 24 mois ?)
- Pénalités en cas de résiliation anticipée (% des loyers restants
?) - Date d’échéance calculée et notée dans votre agenda dès la
signature
Réflexe protecteur
✅ Créer une alerte calendrier à J-180 de l’échéance dès la
signature. Un contrat 36 mois signé en septembre 2026 : alerte en mars
2029.
Arnaque n°4 – Les
frais cachés hors forfait
Le mécanisme
Le loyer affiché ne couvre jamais l’intégralité du coût réel. Les
contrats de location de photocopieur comportent systématiquement des
frais annexes qui ne sont pas mentionnés dans la proposition commerciale
initiale.
Tableau
récapitulatif des frais cachés typiques
| Poste de frais | Fourchette de prix | Déclencheur |
|---|---|---|
| Livraison et installation | 150 – 400 € | Signature du contrat |
| Formation utilisateurs | 200 – 500 € | Mise en service |
| Dépassement de forfait copies N&B | 0,05 – 0,08 €/page | Au-delà du volume inclus |
| Dépassement de forfait copies couleur | 0,08 – 0,12 €/page | Au-delà du volume inclus |
| Frais de remise en état fin de contrat | 200 – 600 € | Retour du matériel |
| Transport retour fin de contrat | 150 – 350 € | Retour du matériel |
| Indexation annuelle du loyer | 2 – 5 % par an | Chaque anniversaire |
Pour une PME qui dépasse son forfait de 3 000 copies couleur par
mois, le surcoût mensuel atteint 240 à 360 €, soit
8 640 à 12 960 € sur 36 mois – non prévus au
budget.
Réflexe protecteur
✅ Exiger un devis all-in : loyer + installation +
formation + frais de fin de contrat + coût par copie au-delà du forfait.
Comparer ce total, pas le loyer seul.
Erreur
n°5 – Confondre leasing financier et location opérationnelle
La distinction fondamentale
| Critère | Leasing financier (crédit-bail) | Location opérationnelle |
|---|---|---|
| Propriété en fin de contrat | Option d’achat obligatoire (souvent 1 €) | Retour simple du matériel |
| Comptabilisation | Immobilisation au bilan | Charge d’exploitation (compte 6135) |
| Risque d’obsolescence | Supporté par l’entreprise | Supporté par le loueur |
| Résiliation anticipée | Très coûteuse (loyers restants dus) | Conditions variables selon contrat |
| Impact sur capacité d’emprunt | Oui (dette au bilan) | Non (hors bilan) |
Le piège concret
Un dirigeant signe ce qu’il croit être une “location simple”. En fin
de contrat, il découvre une option d’achat à 1 € symbolique qu’il est
contractuellement obligé de lever. Il se retrouve propriétaire d’une
machine de 5 ans, obsolète, sans valeur de revente, avec des
consommables qui ne sont plus disponibles. La charge comptable devient
une immobilisation, avec impact sur le bilan.
Réflexe protecteur
✅ Vérifier la nature juridique exacte du contrat avec votre
expert-comptable avant signature. Les mots “location”
et “leasing” ne sont pas synonymes dans les CGV.
Arnaque
n°6 – Le démarchage téléphonique agressif et les faux “audits
gratuits”
Le mécanisme
Un prestataire inconnu vous contacte par téléphone pour proposer un
“audit gratuit de votre parc d’impression”. L’objectif réel : collecter
les données de votre parc existant (marques, modèles, volumes, contrats
en cours, dates d’échéance) pour construire une proposition gonflée et
ciblée. L’audit “gratuit” est en réalité un outil de prospection
commerciale déguisé.
Les contrats signés à l’issue d’un démarchage téléphonique ou à
domicile bénéficient d’un délai de rétractation de 14
jours (loi Hamon, article L221-18 du Code de la consommation)
pour les entreprises de moins de 5 salariés lorsque le contrat ne relève
pas de leur activité principale. Ce délai est rarement mentionné par le
commercial.
Signaux d’alerte
- Société inconnue, sans références clients vérifiables
- Pression pour signer “aujourd’hui seulement”
- Refus de fournir un devis écrit détaillé
- SIRET introuvable ou société créée depuis moins de 12 mois
- Proposition sans visite physique des locaux
Réflexe protecteur
✅ Demander systématiquement 3 devis comparatifs écrits. Vérifier le
SIRET sur Infogreffe, les avis clients sur des sources indépendantes, et
exiger des références clients contactables.
Erreur
n°7 – Négliger le volume de copies inclus dans le forfait
Le mécanisme
C’est l’une des erreurs de dimensionnement les plus fréquentes et les
plus coûteuses. Un forfait de 5 000 copies/mois est vendu à une PME qui
imprime réellement 12 000 pages/mois. Le dépassement mensuel de 7 000
copies génère un surcoût systématique.
Calculateur de surcoût
mensuel
| Volume réel/mois | Forfait inclus | Dépassement | Coût dépassement N&B (0,05 €) | Coût dépassement couleur (0,10 €) |
|---|---|---|---|---|
| 8 000 copies | 5 000 copies | 3 000 copies | 150 €/mois | 300 €/mois |
| 12 000 copies | 5 000 copies | 7 000 copies | 350 €/mois | 700 €/mois |
| 15 000 copies | 10 000 copies | 5 000 copies | 250 €/mois | 500 €/mois |
Pour une PME imprimant 12 000 copies/mois avec un forfait à 5 000, le
surcoût annuel atteint 4 200 à 8 400 € selon la
proportion couleur/N&B. Sur 36 mois, c’est 12 600 à 25 200
€ de dépassements non budgétés.
Réflexe protecteur
✅ Réaliser un audit préalable du parc existant sur
3 mois consécutifs avant toute signature. Les compteurs de copies sont
accessibles directement depuis le panneau de commande de la machine
actuelle. Ce chiffre réel est la base de toute négociation sérieuse.
Arnaque
n°8 – La maintenance “incluse” qui ne couvre rien
Le mécanisme
“Maintenance incluse” est l’argument commercial le plus utilisé et le
plus vide de sens. Dans les contrats problématiques que nous avons
analysés, la maintenance “incluse” se limite souvent à :
- Main d’œuvre uniquement (pièces facturées en sus)
- Délai d’intervention de 5 à 10 jours ouvrés
- Technicien sous-traitant non certifié par le constructeur
- Exclusion des consommables (toner, tambour)
- Exclusion des dommages “liés à une mauvaise utilisation” (clause
fourre-tout)
Checklist
d’une vraie maintenance professionnelle
| Critère | Ce qui doit être inclus |
|---|---|
| Pièces détachées | ✅ Toutes pièces d’usure incluses |
| Toner et consommables | ✅ Fourniture et remplacement inclus |
| Délai d’intervention | ✅ J+1 ouvré maximum |
| Technicien | ✅ Certifié constructeur (Kyocera, Ricoh, Sharp…) |
| Déplacement | ✅ Sans frais kilométriques |
| Hotline technique | ✅ Accessible en heures ouvrées |
| Prise en charge préventive | ✅ Visite annuelle planifiée |
Un contrat de maintenance qui n’inclut pas les pièces et le toner
n’est pas un contrat de maintenance : c’est un contrat de main d’œuvre.
La différence peut représenter 800 à 1 500 € par an sur un photocopieur
couleur A3.
Réflexe protecteur
✅ Exiger la liste exhaustive des exclusions de maintenance
par écrit, avant signature. Toute exclusion non listée
doit être considérée comme incluse.
Erreur n°9 –
Louer sans comparer le TCO sur 3 ans
Le TCO : le seul
indicateur qui compte
Le loyer mensuel est un indicateur trompeur. Le seul chiffre
pertinent est le TCO (Total Cost of Ownership) sur la durée du
contrat, qui intègre tous les postes de coût réels.
Tableau
TCO comparatif : location mal négociée vs bien négociée (PME 15 postes,
36 mois)
| Poste de coût | Location mal négociée | Location bien négociée |
|---|---|---|
| Loyer mensuel | 650 € | 420 € |
| Loyer total 36 mois | 23 400 € | 15 120 € |
| Installation + formation | 700 € | 0 € (inclus) |
| Dépassements copies (moy.) | 300 €/mois → 10 800 € | 0 € (forfait adapté) |
| Frais fin de contrat | 600 € | 0 € (inclus) |
| Maintenance pièces/toner | 1 200 €/an → 3 600 € | 0 € (inclus) |
| TCO total 36 mois | 39 100 € | 15 120 € |
| Écart | – | – 23 980 € |
Dans les cas les plus courants (loyer légèrement gonflé + quelques
frais cachés + dépassements modérés), l’écart se situe entre 4
200 et 8 400 € sur 36 mois. Dans les cas extrêmes documentés,
il dépasse 20 000 €.
Réflexe protecteur
✅ Construire un tableau TCO avant toute décision. Demander à chaque
prestataire de remplir le même tableau. Le prestataire qui refuse de
détailler les postes hors loyer a quelque chose à cacher.
Arnaque
n°10 – Le matériel reconditionné vendu comme neuf
Le mécanisme
La machine est présentée comme “neuve” dans la proposition
commerciale. À la livraison, le compteur interne affiche 150 000 à 300
000 pages. Un photocopieur professionnel est conçu pour 500 000 à 1 500
000 pages selon le modèle : une machine à 200 000 pages a déjà consommé
15 à 40 % de sa durée de vie théorique.
Le problème n’est pas le reconditionnement en lui-même – un matériel
remanufacturé certifié est une option légitime et économique. Le
problème est la tromperie : vendre du reconditionné au prix du neuf,
sans information préalable.
Comment vérifier avant
livraison
| Vérification | Comment faire |
|---|---|
| Relevé du compteur | Demander par écrit le relevé compteur avant livraison (accessible via le menu du panneau de commande) |
| Certificat de remise à neuf | Exiger un document signé par le remanufactureur avec liste des pièces remplacées |
| Garantie constructeur | Vérifier si la garantie constructeur s’applique (elle ne s’applique pas sur du reconditionné non certifié) |
| Numéro de série | Vérifier sur le site du constructeur si le numéro de série correspond à un modèle neuf ou reconditionné |
Distinction à connaître
- Remanufacturé certifié : pièces d’usure remplacées,
compteur remis à zéro, garantie constructeur maintenue, documentation
complète. Pratique industrielle mature et transparente. - Reconditionné opaque : nettoyage cosmétique,
compteur non remis à zéro, aucune documentation, vendu comme neuf. C’est
ce dernier cas qui constitue une pratique commerciale trompeuse au sens
de l’article L121-2 du Code de la consommation.
Réflexe protecteur
✅ Insérer dans le bon de commande la mention : “Matériel neuf,
compteur à 0 page à la livraison, garantie constructeur applicable”.
Toute livraison non conforme à cette mention ouvre droit à refus de
réception.
Tableau
récapitulatif – Les 10 arnaques et erreurs en un coup d’œil
| # | Arnaque / Erreur | Mécanisme | Réflexe protecteur |
|---|---|---|---|
| 1 | Prime de participation fictive | Promesse orale non contractualisée avec le financeur | Exiger l’inscription dans le contrat de location financière |
| 2 | Contrat en trimestres | Loyer affiché ÷ 3 = loyer mensuel réel | Demander le coût total sur la durée (loyer × nb périodes) |
| 3 | Reconduction tacite | Reconduction 12-24 mois si pas de LRAR 3-6 mois avant | Alerte calendrier à J-180 dès la signature |
| 4 | Frais cachés hors forfait | Installation, formation, dépassements, retour matériel | Exiger un devis all-in avec tous les postes |
| 5 | Confusion leasing / location | Option d’achat obligatoire à 1 € = propriétaire forcé | Vérifier la nature juridique avec l’expert-comptable |
| 6 | Faux audit gratuit | Collecte de données pour proposition gonflée | 3 devis comparatifs, vérification SIRET, références clients |
| 7 | Forfait copies sous-dimensionné | Dépassements à 0,05-0,12 €/page non budgétés | Audit préalable du volume réel sur 3 mois |
| 8 | Maintenance “incluse” vide | Pièces et toner exclus, délais d’intervention longs | Exiger la liste exhaustive des exclusions par écrit |
| 9 | Absence de comparaison TCO | Loyer bas masquant un TCO 2 à 3 fois supérieur | Tableau TCO 36 mois tous postes confondus |
| 10 | Reconditionné vendu comme neuf | Compteur à 200 000 pages, présenté comme neuf | Relevé compteur + certificat de remise à neuf avant livraison |
Ce que dit la loi
: vos droits en cas d’arnaque
Le dol contractuel
(art. 1137 Code civil)
L’article 1137 du Code civil définit le dol comme le fait d’obtenir
le consentement par des manœuvres, des mensonges ou une dissimulation
intentionnelle d’une information déterminante. La sanction est la
nullité relative du contrat : le contrat est censé
n’avoir jamais existé, avec restitution des sommes versées. Le délai de
prescription est de 5 ans à compter de la découverte du
dol.
Plusieurs décisions de justice ont annulé des contrats de location de
photocopieur sur ce fondement, notamment lorsque la participation
commerciale était présentée comme une certitude alors qu’elle était
conditionnée à la signature d’un nouveau contrat.
Le délai de rétractation
(loi Hamon)
Pour les entreprises de moins de 5 salariés dont le
contrat ne relève pas de leur activité principale, un contrat signé à la
suite d’un démarchage à domicile ou téléphonique ouvre droit à un
délai de rétractation de 14 jours (article L221-18 du
Code de la consommation). Ce délai court à compter de la signature.
L’absence d’information sur ce droit par le professionnel peut prolonger
le délai jusqu’à 12 mois.
Les recours disponibles
| Recours | Quand l’utiliser | Délai |
|---|---|---|
| Mise en demeure par LRAR | Première étape avant toute procédure | Immédiatement |
| DGCCRF (signalement) | Pratique commerciale trompeuse, démarchage abusif | Sans délai |
| DIRECCTE / DREETS | Pratiques anticoncurrentielles, clauses abusives | Sans délai |
| Action civile en nullité | Dol, vice du consentement | 5 ans après découverte |
| Plainte pénale | Escroquerie, abus de confiance | 6 ans après les faits |
Important : ne jamais signer de nouvel avenant ou de
nouveau contrat avec le prestataire incriminé avant d’avoir fait
analyser votre dossier. C’est le moyen le plus sûr de consolider
l’arnaque initiale.
FAQ – Questions fréquentes
Peut-on
résilier un contrat de location de photocopieur avant terme ?
Oui, mais à un coût généralement élevé. La résiliation anticipée d’un
contrat de location financière entraîne dans la plupart des cas le
paiement de l’intégralité des loyers restants, majorés d’une pénalité de
5 à 10 %. La résiliation sans pénalité n’est possible que si le contrat
a été obtenu par dol (art. 1137 Code civil), si une clause abusive est
caractérisée, ou si le prestataire n’a pas respecté ses obligations
contractuelles (panne non réparée, matériel non conforme). Dans ces cas,
une mise en demeure préalable est indispensable.
Quels
sont les frais cachés les plus fréquents en location de photocopieur
?
Les cinq postes les plus fréquemment omis dans les propositions
commerciales sont : les frais de livraison et d’installation (150 à 400
€), les frais de formation (200 à 500 €), les dépassements de copies
au-delà du forfait (0,05 à 0,12 €/page), les frais de remise en état en
fin de contrat (200 à 600 €) et le transport retour du matériel (150 à
350 €). L’indexation annuelle du loyer (2 à 5 % par an) est également
rarement mentionnée à la signature.
Comment
vérifier qu’un photocopieur loué est bien neuf ?
Avant la livraison, demander par écrit le relevé du compteur interne
(accessible via le menu du panneau de commande de la machine). Un
matériel neuf doit afficher 0 page. Exiger également un certificat de
remise à neuf signé si le matériel est remanufacturé, et vérifier que la
garantie constructeur est bien applicable. Insérer dans le bon de
commande la mention “matériel neuf, compteur à 0 page à la livraison” :
toute livraison non conforme ouvre droit au refus de réception.
Qu’est-ce
que la “prime de participation” et est-ce légal ?
La prime de participation (ou “remise de reprise”, “participation
commerciale”) est une somme promise par le commercial pour convaincre de
signer. Elle n’est pas illégale en soi si elle est contractualisée dans
le contrat de location financière. Elle devient frauduleuse – et
qualifiable de dol au sens de l’article 1137 du Code civil – lorsqu’elle
est promise oralement ou sur un bon de commande sans jamais figurer dans
le contrat de financement. Dans ce cas, elle ne sera jamais versée, et
le locataire reste engagé pour la totalité des loyers.
Quelle
durée de contrat choisir pour éviter les pièges en location de
photocopieur ?
Un contrat de 36 mois est généralement le meilleur
équilibre entre loyer mensuel raisonnable et flexibilité. Les contrats
de 60 mois (5 ans) exposent davantage aux risques d’obsolescence et de
reconduction tacite. Les contrats de 24 mois offrent plus de flexibilité
mais à un loyer mensuel plus élevé. Quelle que soit la durée choisie,
les clauses de reconduction tacite et les conditions de résiliation
doivent être lues et négociées avant signature – pas après.
Sources utiles
- Article
1137 du Code civil – Légifrance : définition légale du dol et
conditions d’annulation d’un contrat - DGCCRF – Direction
Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des
Fraudes : signalement des pratiques commerciales trompeuses - Legavox
/ Procescial Avocat – Les étapes d’une arnaque à la location de
photocopieur : analyse juridique détaillée avec cas concret (machine
à 3 000 € louée 30 000 € sur 5 ans) - Cabinet
JP Louton – Que faire en cas d’arnaque au contrat de leasing :
démarches pratiques et recours juridiques disponibles - Clauses
abusives – Jurisprudence location de photocopieur : décisions de
justice sur les clauses indemnitaires disproportionnées

